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- De combien le prix du gazole doit-il baisser au 1er novembre ?
- Faut-il attendre le 1er novembre pour faire le plein de gazole ?
- Ce que le décret du 24 octobre impose aux distributeurs
- Les stations vont-elles vraiment répercuter la baisse du gazole ?
- Gazole, essence, fioul : qui profite vraiment des stocks stratégiques
- Une baisse à durée limitée, jusqu’au 31 janvier
Le plein de gazole est devenu l’une des dépenses les plus lourdes du budget des ménages cet automne. Selon les relevés compilés par le site prix-carburant.eu, le litre s’affichait à 2,344 € en moyenne le 8 octobre, soit 69,6 centimes de plus qu’un an plus tôt, une hausse de 42 %.
Pour desserrer l’étau, l’État puise dans ses stocks stratégiques de pétrole, ces volumes constitués pour tenir en cas de rupture d’approvisionnement. Le décret publié au Journal officiel le 24 octobre organise la vente de 1,6 million de mètres cubes de gazole aux distributeurs, à prix réduit, du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027. La promesse tient en un chiffre, 12 à 18 centimes de moins par litre. Avec un réservoir à moitié vide cette semaine, faut-il remplir tout de suite ou patienter jusqu’au 1er novembre ?
De combien le prix du gazole doit-il baisser au 1er novembre ?
La baisse visée atteint 12 à 18 centimes par litre de gazole, en moyenne nationale, de novembre à janvier. Sur un plein de 50 litres, l’économie se situe entre 6 et 9 €, et le gouvernement avance environ 10 € par plein en moyenne. Ce chiffre reste une estimation officielle, pas un prix déjà constaté en station.
Le mécanisme tient à l’âge des stocks. Achetés avant la flambée liée au Moyen-Orient, ils sont valorisés autour de 0,28 € le litre, contre environ 1,10 € sur le marché hors distribution et taxes, selon la présentation officielle du dispositif par le gouvernement. En les cédant à leur valeur comptable, l’État abaisse le coût moyen d’approvisionnement des distributeurs, à charge pour eux de le faire descendre jusqu’à la pompe. Encore faut-il savoir si ce calendrier mérite de retarder votre prochain passage en station.
Faut-il attendre le 1er novembre pour faire le plein de gazole ?
Oui, si votre réservoir le permet : attendre le 1er novembre fait gagner 6 à 9 € sur un plein de 50 litres. Ne mettre que 15 à 20 litres d’ici là limite le surcoût à une somme comprise entre 1,80 et 3,60 €. La baisse peut toutefois arriver par étapes, car le décret autorise sa répercussion dès cette date sans l’imposer le jour même.
Le calcul prend une autre ampleur sur la durée. Un conducteur qui fait un plein de 50 litres par semaine, au prix moyen de 2,344 €, paie 117,20 € à chaque passage. Sur les 13 semaines qui séparent le 1er novembre du 31 janvier, la baisse annoncée représente entre 78 et 117 € d’économie, si sa station la répercute en entier. Pour un plein par mois, le gain tombe à 18 à 27 € sur la période.
À titre de comparaison, l’indemnité carburant de 50 euros créée le 30 avril 2026 correspondait à environ 20 centimes par litre sur trois mois, mais pour les seuls gros rouleurs. La nouvelle mesure, un peu moins généreuse au litre, profite à tous les automobilistes roulant au diesel, sans condition ni démarche. Un mail réclamant vos coordonnées bancaires pour en bénéficier rappellerait la fausse aide carburant à 108,72 euros qui a déjà circulé cette année. Ce caractère automatique suppose que la baisse arrive jusqu’au ticket de caisse, ce que le décret encadre de près.
Ce que le décret du 24 octobre impose aux distributeurs
Le texte fixe plusieurs règles, pensées pour que le rabais ne se perde pas en marge entre le dépôt pétrolier et la pompe :
- la vente porte sur 1,6 million de mètres cubes au maximum, jusqu’au 31 janvier 2027 ;
- la répartition entre distributeurs et le prix de cession sont fixés par arrêté, sur la base des parts de marché de 2025 ;
- la baisse peut être répercutée dès le 1er novembre 2026, avant même la livraison physique des volumes ;
- les distributeurs transmettent régulièrement aux autorités le bilan de leurs ventes et de leurs prix ;
- la DGCCRF suit les prix d’achat et les marges, avec des résultats publiés chaque semaine.
En cas de manquement, le gouvernement pourra répartir les stocks au prorata des parts de marché, ou plafonner les marges des opérateurs par décret. Les principaux distributeurs, qui pèsent environ 60 % du marché, se sont engagés à répercuter intégralement la baisse lors d’une réunion à Matignon le 12 octobre.
Les stations vont-elles vraiment répercuter la baisse du gazole ?
Les principaux distributeurs s’y sont engagés, mais rien n’est automatique : la baisse dépend de chaque station. TotalEnergies a annoncé environ 10 centimes de moins sur le gazole des particuliers et un plafond de 2,25 € le litre dans ses stations. Les premières ventes de stocks aux distributeurs débutent le 28 octobre, selon le gouvernement.
Si on achète moins cher, on vendra à l’euro près, au centime d’euro près, on vendra moins cher.
Michel-Édouard Leclerc, président des centres E.Leclerc, à l’issue de la réunion avec le gouvernement à Matignon, le 12 octobre 2026
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a donné le même jour un ordre de grandeur : avec l’avantage des stocks, le prix serait autour de 2,15 € dans ses stations, a-t-il expliqué selon Sud Radio. Ces engagements restent des promesses tant que les premiers bilans de la DGCCRF ne sont pas publiés.
Le site public prix-carburants.gouv.fr, alimenté par les stations elles-mêmes, permet de comparer les prix du gazole autour de chez vous jour après jour. Un relevé le 31 octobre puis un second début novembre suffisent pour savoir si votre station habituelle a tenu parole.
Gazole, essence, fioul : qui profite vraiment des stocks stratégiques
La mesure ne touche pas tous les carburants de la même façon. Le tableau rassemble les prix relevés et les baisses annoncées par carburant, à partir des chiffres officiels et des annonces des distributeurs.
| Carburant | Prix moyen relevé | Baisse annoncée | Origine de la baisse |
|---|---|---|---|
| Gazole | 2,344 € le litre au 8 octobre 2026 | 12 à 18 centimes par litre | Stocks stratégiques, tous distributeurs |
| SP95-E10 | 2,139 € le litre au 8 octobre 2026 | Aucune liée aux stocks | Plafond de 1,99 € chez TotalEnergies |
| Fioul domestique | 1 675 € les 1 000 litres en août 2026 | 200 € le mètre cube chez TotalEnergies | Stocks stratégiques, le décret couvrant aussi le fioul |
Les automobilistes roulant à l’essence restent à l’écart du dispositif : le SP95-E10 était repassé sous les 2 euros le 7 août, à 1,994 €, avant de remonter à 2,139 € deux mois plus tard. Pour les foyers chauffés au fioul, la remise de TotalEnergies vaut 200 € sur une livraison de 1 000 litres, face à la flambée des prix du fioul constatée depuis l’été. Une commande passée avant novembre se paie donc au prix fort.
Une baisse à durée limitée, jusqu’au 31 janvier
Le dispositif a une date de fin. Les stocks vendus devront être reconstitués, et les opérateurs disposeront d’un an au maximum pour le faire, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu. Après le 31 janvier 2027, le gazole retrouvera la seule logique du marché, avec un Brent qui dépassait 110 dollars le baril le 22 octobre, d’après L’EnerGeek.
L’enjeu dépasse le plein de la semaine. Trois mois de gazole moins cher laissent le temps de regarder de près sa consommation et ses trajets d’hiver, pendant que les bilans hebdomadaires de la DGCCRF diront quelles enseignes ont joué le jeu. Les promesses du 12 octobre se vérifieront sur les panneaux des stations, centime après centime, et la sortie du dispositif fin janvier pèsera autant que son entrée.
