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Zoladex déremboursé le 15 décembre : combien va coûter ce traitement du cancer du sein ?

Le Zoladex, implant prescrit contre les cancers du sein et de la prostate, sort de la liste des médicaments remboursables le 15 décembre à la demande d'AstraZeneca. Prix, TVA, alternatives : ce que les patientes vont devoir arbitrer d'ici là.

Une pharmacienne montre une ordonnance sur un porte-bloc à une cliente au comptoir d'une pharmacie
Le Zoladex reste remboursé à 100 % jusqu'au 14 décembre 2026 ; au-delà, son prix sera libre en officine.
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Depuis le 14 octobre, les pharmacies relaient un message de la Direction générale de la santé qui rappelle une échéance désormais proche : le Zoladex ne sera plus remboursé à partir du 15 décembre 2026. Cet implant, injecté sous la peau toutes les quatre semaines dans sa version 3,6 mg, contient de la goséréline, une hormone de synthèse qui met les ovaires au repos chez les femmes non ménopausées atteintes d’un cancer du sein hormonodépendant. Il sert aussi contre le cancer de la prostate et concernerait environ 4 000 patients, selon Le Parisien.

La décision n’a rien de sanitaire. La Haute Autorité de santé jugeait encore son service médical rendu important en février 2026, et c’est le laboratoire AstraZeneca qui a demandé la radiation. Un traitement anticancéreux utile peut donc devenir un achat, au prix choisi par son fabricant. Que va payer une patiente à partir du 15 décembre, et a-t-elle intérêt à changer de traitement avant cette date ?

Pourquoi le Zoladex ne sera-t-il plus remboursé par l’Assurance maladie ?

Parce qu’AstraZeneca l’a demandé, et non parce que le médicament aurait perdu en efficacité. Deux arrêtés du 30 juin 2026, publiés au Journal officiel le 2 juillet, radient les deux dosages, 3,6 mg et 10,8 mg, de la liste des médicaments remboursables. Ils restent pris en charge à 100 % jusqu’au 14 décembre inclus.

Le laboratoire invoque un prix devenu insuffisant pour garantir l’approvisionnement, comme le détaille la fiche consacrée à ce déremboursement par le Vidal. Le motif surprend au regard des chiffres relevés par Que Choisir Ensemble : AstraZeneca a réalisé 58,74 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, quand l’Assurance maladie a remboursé la même année 6,7 millions d’euros de Zoladex. La règle a aussi changé : jusqu’en 2025, un déremboursement supposait un avis favorable de la HAS, qui se contente désormais de réévaluer le service rendu à partir des données du fabricant. Aucune donnée nouvelle n’a été fournie, et la sortie du remboursement libère désormais le prix de vente.

Combien coûtera le Zoladex après le 15 décembre ?

Au moins 92,69 € l’implant de 3,6 mg, contre 86,03 € aujourd’hui, si AstraZeneca maintient son prix hors taxes. Le seul changement de taux de TVA alourdit la facture : un médicament remboursable est taxé à 2,1 %, un médicament non remboursable à 10 %, en application des articles 281 octies et 278 quater du Code général des impôts.

Le calcul tient en deux étapes. Le prix actuel de 86,03 € toutes taxes comprises correspond à 84,26 € hors taxes ; avec une TVA à 10 %, ce même prix atteint 92,69 €. À raison d’un implant toutes les quatre semaines, une patiente devra débourser environ 1 205 € par an pour 13 injections, sans aucune prise en charge de la Sécurité sociale. Pour la version 10,8 mg, réservée au cancer de la prostate, l’implant passerait de 256,66 € à 276,52 €.

Ce montant reste un plancher. Après le 15 décembre, le prix devient libre, du laboratoire jusqu’au comptoir. AstraZeneca indique ne pas prévoir de hausse de ses tarifs, selon le site Démarches administratives, mais aucun texte n’encadre cette intention. La députée Clémence Guetté souligne d’ailleurs, dans une question écrite publiée au Journal officiel le 13 octobre, que le prix après déremboursement reste inconnu.

Existe-t-il des alternatives remboursées au Zoladex ?

Oui, mais elles ne conviennent pas à toutes les patientes de la même façon. La goséréline appartient à la famille des analogues de la GnRH, qui compte aussi la leuproréline et la triptoréline, qui restent remboursées. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, assure que ces alternatives sont aussi efficaces et qu’aucun malade ne restera sans solution.

Sur le terrain, les pharmaciens nuancent ce discours. Le dosage de 3,6 mg est le seul du Zoladex indiqué dans le cancer du sein, chez la femme non ménopausée, et les molécules de cette famille n’ont pas toutes les mêmes indications selon le cancer traité. Le président du principal syndicat de pharmaciens d’officine résume l’inquiétude de la profession.

Pour le cancer de la prostate, il y aurait des alternatives, mais pour le cancer du sein, c’est une autre histoire.

Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), propos rapportés par Sud Radio le 1er octobre 2026

Changer de molécule au cours d’un traitement pose problème au malade, ajoute-t-il, et le passage à un autre analogue se décide avec l’oncologue, au vu du stade de la maladie et de la tolérance. Le ministère va dans le même sens en demandant qu’aucun patient n’interrompe ni ne modifie seul son traitement, quelle que soit la date de sa prochaine injection.

Les démarches à prévoir avant le 15 décembre

Il reste moins de deux mois pour organiser la transition, et quatre vérifications évitent une mauvaise surprise au comptoir de la pharmacie :

  • prendre rendez-vous avec son oncologue avant la mi-décembre pour discuter d’un passage à un analogue remboursé, comme le recommande le Vidal ;
  • repérer la date de sa prochaine délivrance, sachant qu’un implant délivré jusqu’au 14 décembre inclus reste remboursé à 100 % ;
  • interroger sa complémentaire santé sur une prise en charge des médicaments non remboursés, la charge financière pouvant lui être en partie transférée ;
  • demander à son pharmacien le prix pratiqué après le 15 décembre, puisqu’il pourra varier d’une officine à l’autre.

Cette dernière précaution compte davantage qu’il n’y paraît, car un prix libre se compare comme n’importe quel achat. L’écart entre deux pharmacies, inconnu à ce jour, se répétera treize fois par an pour une patiente traitée en continu.

Pourquoi ce déremboursement inquiète-t-il au-delà du Zoladex ?

Parce qu’il crée un précédent : un laboratoire peut sortir du remboursement un anticancéreux jugé utile par la HAS, pour une raison purement économique. Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO, rappelle sur Sud Radio que d’autres laboratoires ont déjà formulé des demandes de déremboursement.

Le risque, pour les assurés, est celui d’un reste à charge qui s’installe sur des traitements longs. Les patients connaissent déjà les franchises sur chaque boîte de médicament, ces sommes de 1 € par boîte jamais remboursées, mais un médicament entièrement déremboursé change d’échelle, avec plus de 1 000 € par an pour un seul traitement. Les arbitrages industriels pèsent aussi ailleurs, comme l’a montré le maintien du dioxyde de titane dans les médicaments, toléré alors que 44 % des laboratoires n’avaient cherché aucune alternative.

Une décision encore contestée au Parlement

La question écrite de Clémence Guetté, députée du Val-de-Marne, attend toujours sa réponse. Elle demande au gouvernement s’il compte revenir sur la radiation et garantir qu’aucun patient ne renonce à son traitement faute de moyens. Le délai d’environ six mois laissé entre les arrêtés de juillet et l’échéance de décembre devait justement permettre d’organiser les relais.

D’ici au 15 décembre, deux inconnues demeurent : le prix réellement affiché en officine et la position des complémentaires santé, qui ne s’est pas encore exprimée. La réponse du ministère dira si la règle peut encore bouger, ou si ce cas restera le premier d’une série que redoutent les pharmaciens. Pour les patientes, le rendez-vous chez l’oncologue avant l’échéance demeure le levier le plus sûr pour ne pas subir le calendrier.


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