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Pompe à chaleur : le leasing social retient six offres et vise 55 000 ménages modestes

Le gouvernement a désigné six groupements pour proposer l'offre intégrée de pompe à chaleur aux propriétaires modestes. Aide moyenne, fin du cumul avec MaPrimeRénov' et économie réelle sur la facture : ce qui se joue avant de précommander.

Technicien accroupi devant une pompe à chaleur sur le mur d'une maison en pierre, un couple âgé l'observe depuis la porte
Les premières installations de l'offre intégrée sont annoncées pour novembre 2026 chez les propriétaires modestes chauffés au gaz ou au fioul.
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Le gouvernement a tranché le 30 septembre 2026 : six groupements d’entreprises ont été retenus pour commercialiser l’offre intégrée de pompe à chaleur, surnommée leasing social de la PAC, avec un objectif de 55 000 pompes à chaleur air-eau en deux ans. Les précommandes sont ouvertes depuis le 1er octobre, et les premières installations sont attendues en novembre.

Le principe ne change pas : un contrat unique regroupe l’appareil, la pose, l’entretien, une électricité à prix fixe et le financement du reste à charge, pour des propriétaires de maison aux revenus modestes chauffés au gaz ou au fioul. Ce sont les chiffres et les règles du jeu qui ont bougé depuis les premières annonces, au moment où le fioul a pris plus de 40 % en un an. Que valent réellement ces offres, et pour quels ménages ?

Six groupements retenus pour équiper 55 000 maisons

Les lauréats de cette première relève associent installateurs, fournisseurs d’énergie et organismes de crédit. On y trouve CapConfort, IZI by EDF, Le PAC’TE français, Octopus x Effy, le duo Hello Watt et Engie, ainsi que le distributeur Sonepar allié à TotalEnergies. Selon le dossier présenté par l’exécutif, l’aide moyenne atteint 9 800 € par ménage, financée par les certificats d’économies d’énergie, pour une enveloppe de 540 millions d’euros.

Chaque offre doit respecter le même cahier des charges, détaillé sur la page officielle du plan Électrifions la France. La pompe à chaleur est fabriquée en France ou en Europe, l’entretien est couvert pendant au moins trois ans, le pilotage de l’appareil reste sous le contrôle du ménage, et 70 % des installations feront l’objet d’un contrôle sur place.

La ministre déléguée à l’Énergie a présenté le dispositif la veille de l’annonce, dans un entretien aux journaux du groupe Ebra, en le reliant directement à la facture des énergies fossiles payée par les ménages.

Les Français paient au prix fort notre dépendance au pétrole et au gaz.

Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, entretien aux journaux du groupe Ebra rapporté par l’AFP le 29 septembre 2026

Le calendrier, lui, s’est resserré par rapport aux craintes exprimées en septembre, quand rien ne garantissait une offre au 1er octobre.

Du plan d’électrification aux premières installations

Le dispositif s’est construit en quelques mois, au fil d’étapes qui éclairent aussi le recentrage des aides publiques sur la pompe à chaleur :

  1. Fin avril 2026 : Matignon présente un plan d’électrification de vingt-deux mesures, qui fait de la pompe à chaleur l’un de ses piliers ;
  2. 7 juillet 2026 : l’Ademe ouvre l’appel à projets des offres intégrées, avec un dépôt des candidatures possible jusqu’au 1er mai 2027 ;
  3. 1er septembre 2026 : le resserrement de MaPrimeRénov’ monogeste laisse la PAC air-eau parmi les rares gestes encore aidés isolément ;
  4. 21 septembre 2026 : le leasing social de la pompe à chaleur est encore présenté avec un objectif de 25 000 logements d’ici 2028 ;
  5. 30 septembre 2026 : annonce des six lauréats et de l’objectif porté à 55 000 pompes à chaleur ;
  6. 1er octobre 2026 : ouverture des précommandes auprès des groupements retenus ;
  7. Novembre 2026 : premières installations annoncées par le gouvernement.

Une nouvelle relève est prévue au 1er janvier 2027, ouverte à d’autres consortiums. Le nombre d’offres disponibles pourrait donc s’élargir avant la fin de l’hiver, ce qui change la façon d’aborder la comparaison entre les conditions annoncées en septembre et celles qui s’appliquent aujourd’hui.

Ce qui a changé depuis les premières annonces

Entre la présentation du mécanisme mi-septembre et la publication du cahier des charges définitif, plusieurs paramètres ont évolué. Le tableau ci-dessous confronte les règles annoncées le 21 septembre et celles en vigueur.

PointAnnoncé le 21 septembreEn vigueur en octobreSource
Objectif25 000 logements d’ici 202855 000 PAC en deux ansGouvernement, 30 septembre
AideMaPrimeRénov’ de 4 000 à 5 000 €, plus CEEAide CEE moyenne de 9 800 €, non cumulable avec MaPrimeRénov’Ministère de l’Économie, 1er octobre
Reste à chargeVisé entre 1 000 et 1 500 €Remboursé en trois ans le plus souvent, cinq ans au maximumÉlectrifions la France
CalendrierOffres incertaines avant l’hiverPrécommandes au 1er octobre, poses en novembreGouvernement, 30 septembre

Le point le plus structurant concerne le cumul des aides. Un ménage qui choisit l’offre intégrée renonce à MaPrimeRénov’, et celui qui a déjà déposé un dossier auprès de l’Anah n’y a pas accès. La règle de la mensualité reste en revanche identique : remboursement, électricité et entretien réunis ne doivent pas dépasser la dépense énergétique mensuelle d’avant travaux.

Une facture de chauffage vraiment divisée par deux ?

Le gouvernement promet une facture divisée par deux une fois l’équipement remboursé. Sur sa page dédiée, il chiffre l’exemple d’une maison de 100 m² classée D : environ 1 200 € par an avec une pompe à chaleur, contre 2 000 à 3 200 € avec une chaudière gaz, soit une économie annoncée de 800 à 2 000 €.

Le calcul publié par Selectra le 30 septembre nuance cette promesse. Avec une PAC au rendement moyen mesuré par l’Ademe, le gain atteint 59 % entretien compris aux prix d’octobre 2026, mais il retombe à 46 % avec un appareil peu performant, et autour de 47 % aux prix du gaz d’octobre 2025. Sur 90 pompes à chaleur suivies par l’agence, 31 affichaient un rendement inférieur à 2,5.

Pendant les trois années de remboursement, le budget du ménage ne baisse donc pas forcément : la mensualité est calibrée pour égaler l’ancienne facture, pas pour la réduire. Pour un foyer qui comparait déjà le prix du fioul face aux autres énergies de chauffage, l’intérêt se joue surtout après la troisième année, et sur la qualité de la pose.

Les angles morts à vérifier avant de précommander

L’isolation reste en dehors des conditions d’accès. Seul CapConfort met en avant des travaux d’isolation prioritaires dans son offre, alors qu’une PAC posée dans une maison mal isolée consomme davantage et que le contrat bloque le prix du kilowattheure hors taxes, pas le volume consommé ni les taxes et l’acheminement.

Les plafonds de revenus délimitent aussi le public. Pour un couple avec un enfant hors Île-de-France, le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 39 148 €, et 51 564 € pour le même foyer francilien. Le gouvernement invite par ailleurs à signaler sur SignalConso toute entreprise qui se présenterait comme lauréate sans figurer sur la liste officielle, un risque réel dans un secteur visé de longue date par le démarchage abusif.

Une seconde relève en janvier, et des premiers retours attendus cet hiver

Les premières poses de novembre donneront la mesure du dispositif bien avant la nouvelle relève du 1er janvier 2027. La tenue de la promesse de mensualité constante se vérifiera au premier hiver, quand les consommations réelles remplaceront les calculs conventionnels des devis.

Avec 185 000 pompes à chaleur air-eau vendues en 2025, les 55 000 installations visées en deux ans représentent un volume significatif, mais circonscrit aux propriétaires modestes. Le choix entre offre intégrée et MaPrimeRénov’, désormais exclusif, devient l’arbitrage décisif pour les foyers qui hésitaient encore à remplacer leur chaudière avant les grands froids.


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