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Sécurité voiture : comment lire les notes Euro NCAP 2026 avant d’acheter

Euro NCAP note désormais les voitures sur quatre étapes et récompense les boutons physiques. Les trois modèles cinq étoiles d'octobre cachent pourtant des écarts nets sur la conduite au quotidien.

Conducteur sous la pluie touchant l'écran de navigation de sa voiture, le bouton de détresse juste à côté
Le protocole Euro NCAP 2026 note désormais l'accès aux commandes essentielles par des boutons physiques plutôt que par l'écran.
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Une voiture affichée cinq étoiles rassure au moment de signer le bon de commande. Pourtant, les trois modèles notés cinq étoiles le 12 octobre 2026 par Euro NCAP n’offrent pas du tout la même expérience au volant. Le programme européen d’évaluation, financé par des gouvernements, des clubs automobiles et des associations de consommateurs, soumet les voitures neuves à des crash-tests et à des essais d’aides à la conduite plus exigeants que l’homologation.

Cette année, ses tests suivent un nouveau protocole, présenté comme la plus grande révision depuis la note globale de 2009. Les boutons physiques, la surveillance du conducteur et l’accès des secours après un choc comptent désormais dans la note. Comment lire ces résultats pour choisir une voiture réellement sûre au quotidien ?

Quatre étapes notées sur 100 points depuis 2026

Euro NCAP a annoncé le 26 novembre 2025 une notation découpée en quatre étapes notées chacune sur 100 points, exprimées en pourcentage. Chaque étape a son seuil minimal, et c’est ce plancher qui fixe le nombre d’étoiles :

  • la conduite sûre (Safe Driving), qui couvre la surveillance du conducteur, l’ergonomie des commandes, la lecture des limitations de vitesse et la détection du port de la ceinture ;
  • l’évitement d’accident, qui teste le freinage d’urgence automatique, le maintien de voie et de nouveaux scénarios urbains avec piétons, cyclistes et deux-roues motorisés ;
  • la protection en cas de choc, avec des gabarits d’occupants allant de l’enfant au grand adulte et un examen renforcé autour du pare-brise pour les piétons ;
  • la sécurité après l’accident, qui exige des poignées électriques encore utilisables, une batterie haute tension isolée et un appel d’urgence capable d’indiquer le nombre d’occupants.

Le protocole sera revu tous les trois ans, ce qui interdit de comparer une note de 2026 avec une note obtenue en 2023. Les quatre pourcentages, eux, se lisent sur la fiche de chaque modèle, et c’est là que les écarts apparaissent.

Cinq étoiles ne garantissent plus une conduite sans distraction

Les résultats publiés le 12 octobre 2026 montrent qu’une même note globale peut cacher des ergonomies opposées. Le tableau reprend les modèles détaillés dans le communiqué d’Euro NCAP.

ModèleÉtoilesCommandes de conduitePoint relevé
Audi Q75100 % pour les fonctions essentielles, 90 % au totalMaintien de voie adapté à la vigilance du conducteur
Kia EV25Jugées excellentes, sans pourcentage publiéAlertes modulées selon l’attention du conducteur
XPeng X9520 %Aide à la vitesse non conforme sur un essai de 2 000 km
BYD Shark5Non détailléesPénalité pour un airbag rideau mal déployé

Le monospace électrique de XPeng, qui n’est pas commercialisé en France, décroche ses cinq étoiles grâce à ses bons scores en évitement d’accident et en sécurité après le choc, alors que presque tout passe par son écran central. Sa note globale ne dit rien de cette faiblesse, seule la sous-note de conduite sûre la révèle.

L’écart de prix n’explique pas tout non plus. L’Audi Q7, vendue à partir de 99 150 € selon Que Choisir Ensemble, et le Kia EV2, affiché dès 26 670 € en France selon le site Rouleur électrique, obtiennent tous deux d’excellentes notes pour leurs commandes. Encore faut-il savoir ce que le protocole entend précisément par commande de conduite.

Les boutons physiques, un critère à vérifier soi-même

Le protocole 2026 vérifie que clignotants, essuie-glaces, lave-glace, feux de détresse, klaxon et appel d’urgence restent accessibles par une commande physique directe, et non cachés dans un menu d’écran tactile. Les aides à la conduite doivent aussi réagir différemment selon que le conducteur regarde la route ou non.

Nos derniers protocoles récompensent l’usage intelligent des boutons et commandes physiques, car cela peut réduire la distraction du conducteur, et la nouvelle Q7 d’Audi comme l’EV2 de Kia font un excellent travail pour garder la sécurité simple.

Aled Williams, directeur du programme d’Euro NCAP, dans le communiqué publié à Louvain le 12 octobre 2026

Le constat vaut au-delà de ces trois modèles. D’après les résultats détaillés dans le communiqué d’Euro NCAP du 12 octobre, le BMW iX3 obtient 100 %, la Cupra Raval et la Geely E2 80 %, quand la Zeekr 7GT et l’Aion UT plafonnent à 20 % et la Leapmotor B05 à 0 %.

Ces pourcentages complètent l’essai que vous faites en concession, ils ne le remplacent pas. Un conducteur qui actionne ses essuie-glaces sans quitter la route des yeux pendant un essai sous la pluie en apprend autant qu’une fiche technique. Plusieurs modèles passés récemment au crible avaient déjà soulevé la question.

Écrans tactiles : ce que les essais récents ont déjà pointé

Fin septembre 2026, le SUV électrique suédois de Volvo, vendu à partir de 66 500 euros, présentait peu de commandes physiques pour les réglages courants. Régler la climatisation ou les rétroviseurs au doigt en roulant ne convient pas à tous les conducteurs, et un tour de quartier avec le vendeur suffit rarement à le mesurer.

Le même reproche revenait pour le SUV hybride chinois de Chery, vendu 26 990 euros, dont l’ergonomie de l’écran central restait perfectible. La citadine électrique de Hyundai mise elle aussi sur un écran central de 12,9 ou 14,6 pouces. La tendance n’est donc pas réservée aux constructeurs chinois, même si les mauvais scores de cette série les concernent surtout.

Les sous-notes à regarder selon votre usage

Une famille qui transporte des enfants regardera d’abord la protection en cas de choc, où Euro NCAP mesure désormais des gabarits allant de l’enfant au grand adulte. Les sièges eux-mêmes relèvent d’un autre examen, comme l’ont rappelé début octobre les crash-tests des sièges auto menés par les associations, plus sévères que la norme R129.

Un conducteur surtout urbain a intérêt à lire l’évitement d’accident, puisque les nouveaux scénarios intègrent les cyclistes, les piétons et l’ouverture de portière. Les erreurs de pédale, quand l’accélérateur est enfoncé à la place du frein, sont aussi testées à basse vitesse.

Un gros rouleur qui avale l’autoroute se penchera plutôt sur la conduite sûre. C’est là qu’apparaissent la surveillance de la fatigue et l’aide à la vitesse, celle-là même qui a échoué sur le XPeng X9 lors d’un parcours de 2 000 km, faute de bien lire les limitations temporaires par temps de pluie.

Un acheteur de voiture électrique, enfin, gagne à vérifier la sécurité après l’accident. Le protocole y contrôle l’isolement de la batterie haute tension et l’alerte en cas de risque d’incendie, après un choc ou pendant la recharge. La durée de validité d’une note mérite alors qu’on s’y arrête.

Une note qui vieillit avec le protocole

Une note Euro NCAP photographie une voiture face aux exigences d’une période donnée. Un modèle noté cinq étoiles en 2022 n’a jamais été confronté aux tests de 2026 sur les boutons ou les poignées de porte, et le Mazda 2 Hybrid hérite de ses quatre étoiles de sa jumelle, la Toyota Yaris.

Le marché de l’occasion et les fins de série vont mêler pendant plusieurs années anciennes et nouvelles notes. Sur un parking de concession, la date du test pèse autant que le nombre d’étoiles, et les constructeurs qui ont parié sur le tout tactile savent désormais qu’ils le paieront dans les fiches publiques jusqu’à la prochaine révision, prévue trois ans après celle de 2026.


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