Le magazine du shopping en ligne

L’annuaire : 66 boutiques passées au crible

Médicament contre le rhume : comment choisir en pharmacie, et lesquels éviter

Comprimés retirés de la vente libre, sprays décongestionnants, formules jour et nuit : au rayon rhume, Que Choisir épingle des produits peu efficaces aux effets parfois graves. Tout se joue sur la composition inscrite sur la boîte.

Une pharmacienne présente un spray nasal à une cliente enrhumée, mouchoir à la main, au comptoir d'une pharmacie
Depuis décembre 2024, les comprimés à la pseudoéphédrine ne se délivrent plus sans ordonnance : la solution saline devient le premier réflexe au comptoir.
Voir la table des matières Ne plus voir la table des matières

Le nez qui coule, puis qui se bouche, la gorge qui gratte, la nuit hachée : le rhume revient avec l’automne et, avec lui, le réflexe de filer à la pharmacie pour trouver de quoi respirer. Pourtant, une bonne partie des produits vendus contre le rhume ne fait pas ce qu’on attend d’eux. Dans un dossier publié le 22 octobre 2026, l’enquête de Que Choisir sur les médicaments antirhume rappelle que leur efficacité n’est pas prouvée, alors que leurs effets secondaires parfois graves sont largement documentés.

Le rhume, ou rhinopharyngite, est une infection virale bénigne du nez et de la gorge qui guérit seule en sept à dix jours, avec ou sans traitement, comme le rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Le marché des produits censés l’écourter reste pourtant considérable, entre comprimés, sprays et sachets multi-symptômes. Face au rayon, comment choisir ce qui soulage vraiment, et que faut-il laisser sur l’étagère ?

Pourquoi les comprimés contre le nez bouché ont quitté le comptoir

Les comprimés décongestionnants à base de pseudoéphédrine ont longtemps été les vedettes de l’hiver, avec environ 3 millions de boîtes vendues chaque année selon Europe 1. Leur principe est simple : la molécule resserre les vaisseaux sanguins du nez pour le déboucher. Le problème, c’est que cette vasoconstriction ne s’arrête pas aux narines et augmente le risque d’hypertension, d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus.

Après un suivi renforcé engagé dès 2008 et une interdiction de la publicité en décembre 2017, l’ANSM a tranché : depuis le 11 décembre 2024, les huit spécialités orales à base de pseudoéphédrine ne sont plus délivrées que sur ordonnance. Sont concernés Actifed Rhume, Actifed Rhume jour et nuit, Dolirhume, Dolirhumepro, Humex Rhume, Nurofen Rhume, Rhinadvil Rhume et Rhinadvilcaps Rhume. L’agence a jugé que les précautions précédentes n’avaient pas suffisamment réduit la population exposée à des effets rares mais graves, qui peuvent survenir chez des patients sans antécédent, quelles que soient la dose et la durée du traitement.

Risquer un AVC pour un nez bouché, la balance bénéfice risque, elle n’est pas là.

Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale de l’ANSM, dans un entretien publié par Europe 1 le 23 octobre 2023

Le syndicat des médicaments sans ordonnance NèreS avait dénoncé une mesure disproportionnée, en s’appuyant sur un avis européen de 2023 qui maintenait ces produits sous réserve d’une meilleure information. Sur le terrain, la question est désormais réglée : d’après Que Choisir, plus aucun comprimé à base de pseudoéphédrine n’est commercialisé aujourd’hui. Reste tout ce qui se trouve encore en rayon.

Les antirhumes que Que Choisir range parmi les produits à éviter

Le retrait de la pseudoéphédrine n’a pas vidé les étagères. Le tableau ci-dessous croise la liste des produits à éviter établie par Que Choisir avec la composition de chacun et le risque que les autorités sanitaires associent à ses substances.

ProduitSubstances activesCe qui pose problème
Actifed rhume jour et nuitDiphénhydramine, paracétamol, pseudoéphédrineVasoconstricteur oral associé à un antihistaminique
Humex rhumeChlorphénamine, paracétamol, pseudoéphédrineVasoconstricteur oral associé à un antihistaminique
RhinofluimucilAcétylcystéine, chlorure de benzalkonium, tuaminoheptaneVasoconstricteur nasal et antiseptique
AturgylOxymétazolineVasoconstricteur nasal
DérinoxNaphazoline, prednisoloneVasoconstricteur nasal associé à un corticoïde

Le point commun saute aux yeux : chaque produit de la liste contient un vasoconstricteur, par la bouche ou par le nez. Les deux premiers, qui contiennent de la pseudoéphédrine, ne s’obtiennent plus qu’avec une ordonnance, et Que Choisir précise que les autres décongestionnants encore prescrits présentent les mêmes inconvénients.

Les antihistaminiques, comme la diphénhydramine ou la chlorphénamine, et les antiseptiques nasaux tombent dans la même critique : leur efficacité contre le rhume n’est pas démontrée, selon les auteures du dossier, Anne-Sophie Stamane et Audrey Vaugrente. Ce constat vaut aussi pour les sprays qui promettent de déboucher le nez en quelques secondes.

Sprays décongestionnants : la même mécanique sous une autre forme

Le spray nasal donne l’impression d’un produit plus doux, parce qu’il agit localement. Que Choisir met pourtant en garde : surtout, ne vous reportez pas sur les autres décongestionnants une fois les comprimés disparus. L’oxymétazoline, la naphazoline ou le tuaminoheptane resserrent eux aussi les vaisseaux, avec un soulagement de quelques heures et un nez qui se rebouche ensuite.

Si un médecin en prescrit un, l’ANSM fixe des garde-fous clairs : ne pas dépasser cinq jours de traitement, éviter les associations avec d’autres médicaments sans avis, et arrêter immédiatement en cas de mal de tête violent, de douleur dans la poitrine ou d’altération soudaine de la vue. Tout effet indésirable peut être déclaré sur le portail signalement-sante.gouv.fr, ce qui alimente la surveillance de ces produits.

Les bons critères pour choisir un produit contre le rhume

Au moment de demander conseil ou de choisir en rayon, quelques vérifications sur la boîte suffisent à écarter l’essentiel des risques :

  • lire la composition plutôt que le nom commercial, car une même marque décline des formules avec ou sans vasoconstricteur ;
  • se méfier des formules multi-symptômes jour et nuit, qui empilent jusqu’à trois substances dont vous n’avez pas forcément besoin ;
  • privilégier une solution saline, sérum physiologique, eau de mer ou eau thermale, pour laver et humidifier le nez ;
  • vérifier les contre-indications, la pseudoéphédrine étant proscrite pendant la grossesse, l’allaitement et avant 15 ans ;
  • signaler au pharmacien une hypertension, un antécédent cardiaque ou un traitement en cours avant tout achat.

Ces critères ramènent l’achat à l’essentiel : un rhume ne justifie pas de cocktail de molécules, et le pharmacien reste le premier interlocuteur pour vérifier qu’un produit convient à votre situation. Ce qui marche le mieux, d’ailleurs, ne s’avale pas.

Ce qui soulage un rhume sans médicament

Que Choisir qualifie le lavage nasal de meilleure option. Rincer les fosses nasales avec du sérum physiologique ou de l’eau de mer évacue les sécrétions et limite la sensation de nez bouché, sans effet sur les vaisseaux ni sur la tension.

Les gestes du quotidien comptent tout autant. Les conseils d’hygiène que relaient les médecins tiennent en peu de choses : boire au moins 1,5 litre d’eau par jour, maintenir la chambre entre 18 et 20 °C, aérer les pièces chaque jour, surélever la tête pour dormir et éviter la fumée de cigarette.

Les plantes, elles, n’offrent pas de miracle selon le même dossier. La fièvre ou les maux de tête peuvent se traiter à part, avec un antalgique simple choisi avec le pharmacien, ce qui évite de prendre un décongestionnant caché dans une formule combinée. Un rhume qui dure au-delà de dix jours sort du schéma habituel décrit par l’ANSM et mérite un avis médical.

Une armoire à pharmacie à revoir avant l’hiver

Beaucoup de foyers gardent encore des boîtes d’Actifed ou de Humex achetées avant décembre 2024. L’ANSM recommandait déjà en 2023 de se débarrasser de ces médicaments inutilisés plutôt que de les garder pour le prochain rhume. Comme pour les médicaments dont la date est dépassée, le retour en pharmacie reste la seule filière adaptée pour les éliminer.

Le rhume n’est qu’un des virus de la saison, et la vaccination contre la grippe a débuté le 13 octobre, sans le vaccin à ARNm de Moderna en France cette année. Entre un rhume qui passera seul et des risques cardiovasculaires rares mais réels, le meilleur achat de l’hiver coûte souvent quelques euros : une solution saline, de l’eau et un peu de patience.


Vous aimez cet article ? Partagez !


Partagez votre avis