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- Qu’est-ce que le vaccin à ARNm mFlusiva de Moderna ?
- Le vaccin à ARNm protège-t-il mieux contre la grippe que les vaccins classiques ?
- Les plus de 65 ans, angle mort de l’essai de Moderna
- Le vaccin mFlusiva sera-t-il disponible en France cet hiver ?
- Faut-il attendre le vaccin à ARNm pour se faire vacciner contre la grippe ?
- Le vaccin combiné grippe et Covid, prochaine étape attendue en 2027
Chaque automne, la même question revient au comptoir des pharmacies : faut-il se faire vacciner contre la grippe, et avec quel produit ? Cette année, une nouveauté venue des États-Unis brouille un peu les cartes. Le 5 août 2026, l’agence sanitaire américaine a autorisé mFlusiva, le premier vaccin antigrippal à ARN messager, mis au point par Moderna et destiné aux adultes de plus de 50 ans. La technologie est celle qui a servi contre le Covid-19, et elle nourrit l’espoir d’une protection plus solide contre un virus qui change de visage d’une saison à l’autre.
L’enjeu dépasse la simple curiosité scientifique. En France, la campagne de vaccination contre la grippe et le Covid-19 débute le 13 octobre 2026 et vise environ 19 millions de personnes, selon le site d’information médicale lemedecin.fr. Si un vaccin plus performant se profile, vaut-il mieux patienter avant de tendre le bras, ou se faire vacciner dès l’ouverture de la campagne avec les produits déjà disponibles en officine ?
Qu’est-ce que le vaccin à ARNm mFlusiva de Moderna ?
mFlusiva est un vaccin contre la grippe saisonnière qui fait fabriquer par l’organisme lui-même des fragments inoffensifs du virus, au lieu d’injecter un virus inactivé. Autorisé aux États-Unis le 5 août 2026 pour les plus de 50 ans, il est le quatrième produit de Moderna approuvé outre-Atlantique.
Le principe repose sur un ARN messager, une sorte de mode d’emploi génétique que vos cellules lisent pour produire une protéine du virus grippal. Le système immunitaire apprend alors à reconnaître cette protéine et se tient prêt en cas d’infection. Son atout industriel tient à la vitesse : quelques semaines de production contre 6 à 9 mois pour les vaccins classiques, cultivés selon des procédés bien plus longs, d’après l’association Que Choisir Ensemble. Reste à savoir si cette rapidité se traduit par une meilleure protection pour celui qui reçoit l’injection.
Le vaccin à ARNm protège-t-il mieux contre la grippe que les vaccins classiques ?
Oui, mais de peu. Dans l’essai publié dans le New England Journal of Medicine, 2,0 % des personnes vaccinées avec mFlusiva ont attrapé la grippe, contre 2,8 % avec un vaccin standard. L’écart de 0,8 point correspond à une efficacité relative supérieure de 26 %, un gain réel mais modeste à l’échelle d’un individu.
L’étude a porté sur 40 805 adultes de 50 ans et plus, recrutés dans 11 pays, selon le communiqué de Moderna. À titre de repère, les vaccins antigrippaux actuels empêchent généralement moins de la moitié des infections chaque année, rappelle le Centre de recherche sur les maladies infectieuses de l’université du Minnesota. Toute amélioration compte donc, surtout lorsqu’elle s’applique à une population entière plutôt qu’à une seule personne.
Le bilan français de l’hiver dernier illustre cette marge de progrès. Santé publique France a jugé l’efficacité de la saison 2025-2026 « modérée », avec une réduction moyenne des infections de 30 %. Chez les plus de 65 ans, le chiffre tombe à 23 %, alors que ce sont précisément eux qui paient le plus lourd tribut aux complications de la grippe. C’est justement sur ce public que l’essai de Moderna laisse le plus de questions ouvertes.
Les plus de 65 ans, angle mort de l’essai de Moderna
Le comparateur choisi par le laboratoire pose problème. Moderna a opposé son vaccin à des formulations standard, et non aux vaccins renforcés conçus pour les plus de 65 ans, à haute dose ou adjuvantés, qui sont pourtant la référence pour cette tranche d’âge. Impossible, dans ces conditions, de savoir si mFlusiva ferait mieux qu’eux chez les seniors, ceux qui ont le plus à gagner d’un vaccin efficace.
Les autorités américaines en ont tenu compte. La FDA avait d’abord rejeté la demande en février 2026, avant de l’accepter au terme d’échanges qualifiés de « constructifs ». Pour les 50 à 64 ans, l’autorisation est pleine et entière. Pour les plus de 65 ans, il s’agit d’une autorisation accélérée, fondée sur un essai de 2 992 participants qui mesure la réponse immunitaire, et non le nombre de grippes réellement évitées. Cette prudence pèse aussi sur le calendrier de ce côté de l’Atlantique.
Le vaccin mFlusiva sera-t-il disponible en France cet hiver ?
Non, mFlusiva ne sera pas proposé en France pour la saison 2026-2027. Moderna a déposé un dossier auprès de l’Union européenne, du Canada et de l’Australie, mais la campagne qui s’ouvre le 13 octobre reposera sur des vaccins classiques, répartis en deux familles :
- Flucelvax, Influvac et Vaxigrip, trois vaccins à dose standard ;
- Efluelda, un vaccin à haute dose destiné aux plus de 65 ans ;
- Fluad, un vaccin adjuvanté lui aussi destiné aux plus de 65 ans.
Une étude publiée en 2026 confirme que Efluelda et Fluad offrent une efficacité comparable chez les seniors, ce qui évite d’avoir à chercher l’un plutôt que l’autre d’une pharmacie à l’autre. Pour les publics prioritaires, la vaccination se fait sans avance de frais sur présentation du bon de prise en charge de l’Assurance maladie, une dépense de santé de moins à l’heure où les franchises médicales sur les boîtes et les consultations pèsent déjà sur le budget des patients.
Faut-il attendre le vaccin à ARNm pour se faire vacciner contre la grippe ?
Non, attendre n’a aucun sens cette saison. mFlusiva n’étant pas commercialisé en France avant l’hiver, reporter sa vaccination revient à rester sans protection pendant l’épidémie. Les vaccins disponibles dès le 13 octobre réduisent le risque, même imparfaitement, et l’écart mesuré avec mFlusiva ne dépasse pas 0,8 point d’infection.
L’autorisation de mFlusiva par la FDA, notre quatrième produit approuvé aux États-Unis et le premier vaccin contre la grippe à ARN messager, démontre la solidité et la polyvalence persistantes de notre plateforme ARNm.
Stéphane Bancel, directeur général de Moderna, dans le communiqué du laboratoire annonçant l’autorisation de la FDA, en août 2026
Le discours du laboratoire met en avant sa plateforme technologique davantage que le bénéfice pour le patient. Le véritable argument de l’ARNm tient à sa réactivité : produire un vaccin en quelques semaines permettrait de mieux coller aux souches qui circulent réellement en hiver, un décalage responsable de certaines campagnes décevantes. Cette promesse reste à vérifier sur plusieurs saisons, et elle se jouera aussi sur un autre produit du laboratoire.
Le vaccin combiné grippe et Covid, prochaine étape attendue en 2027
En février 2026, l’Agence européenne des médicaments a rendu un avis favorable à mCombriax, qui associe dans une seule injection le vaccin antigrippal à ARNm et un vaccin contre le Covid-19. L’argument mis en avant est la simplicité, « une injection pour deux vaccins », à une période où beaucoup de personnes âgées enchaînent déjà les deux rendez-vous chaque automne.
Son évaluation repose toutefois sur l’immunogénicité, c’est-à-dire la réponse mesurée en laboratoire, et non sur les hospitalisations ou les infections évitées. Attendu en France probablement à l’automne 2027, il laisse une saison entière pour observer ce que donne mFlusiva chez les patients américains. Les autorités sanitaires françaises avancent d’ordinaire sur preuves, comme l’ANSM avec l’allongement de la durée de vie de certains médicaments, testé avant d’être généralisé. D’ici là, la protection la plus utile contre la grippe reste celle que l’on reçoit à temps, avant que le virus ne commence à circuler.
