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Depuis la fin des tarifs réglementés de vente de gaz, en juin 2023, les ménages n’ont plus de tarif public unique auquel se raccrocher : pour se repérer, ils disposent chaque mois d’un indicateur publié par la Commission de régulation de l’énergie, le prix repère du gaz. Au 1er août 2026, cet indicateur recule de 1,87 % pour le chauffage, une baisse modeste qui vient après plusieurs mois de hausses successives et un printemps particulièrement tendu sur les marchés de l’énergie.
Cette accalmie sur le gaz tranche avec l’électricité, dont le tarif grimpe à la même date. Derrière le pourcentage affiché, ce que vous paierez réellement dépend surtout de votre contrat, de votre usage et de l’abonnement. Reste une question simple que se posent des millions de foyers chauffés au gaz : qui profite vraiment de cette baisse, et de combien ?
De combien le gaz baisse au 1er août
Le prix repère ne se résume pas à un chiffre unique : il distingue les foyers qui se chauffent au gaz de ceux qui l’utilisent seulement pour la cuisson et l’eau chaude. Les deux profils baissent en août, mais pas dans les mêmes proportions, comme le montre la comparaison avec le mois de juillet sur la zone desservie par GRDF.
| Usage du gaz | Repère d’août 2026 (TTC) | Évolution sur un mois |
|---|---|---|
| Chauffage, prix du kWh | 0,12558 €/kWh | -1,87 % |
| Cuisson et eau chaude, prix du kWh | 0,15848 €/kWh | -1,48 % |
| Abonnement chauffage, par an | 360,79 €/an | +0,3 % |
Tous consommateurs confondus, le prix repère moyen ressort à 162,89 €/MWh toutes taxes comprises. Publié par la CRE, ce repère reflète une estimation des coûts supportés par les fournisseurs : il n’a rien d’un tarif imposé, mais il sert de point de comparaison entre les offres du marché.
Ce que la baisse pèse vraiment sur la facture
Pour un foyer qui se chauffe au gaz et consomme environ 11 000 kWh par an, une consommation courante pour une maison, le recul du kWh représente autour de 26 € d’économies sur l’année, sur la seule part liée à la consommation. Une fois déduite la légère hausse de l’abonnement, le gain net tourne autour de 25 € sur douze mois.
Ce n’est pas un bouleversement, et il faut le remettre en perspective. La hausse du gaz survenue au 1er juillet avait, elle, alourdi la note bien davantage : la facture des ménages chauffés au gaz avait grimpé de 7,4 % en un seul mois, un mouvement que la petite baisse d’août est loin d’effacer.
Les foyers qui n’utilisent le gaz que pour cuisiner et chauffer l’eau consomment beaucoup moins, souvent moins de 2 000 kWh par an. Pour eux, l’économie se comptera en quelques euros seulement, mais la logique reste la même : chaque baisse allège un peu une facture déjà légère en été, saison où le chauffage reste à l’arrêt.
Pourquoi tous les foyers n’en profiteront pas
Voir le prix repère baisser ne garantit pas de payer moins cher : tout dépend du type de contrat souscrit auprès de votre fournisseur. Trois situations se distinguent selon que votre prix suit le marché ou reste bloqué pendant la durée de l’engagement.
- offre indexée sur le prix repère ou sur le marché, dont le tarif suit le mouvement et profite donc de la baisse d’août ;
- offre à prix fixe, dont le tarif ne bouge pas tant que le contrat court, ce qui protège des hausses mais fait aussi rater les petites baisses ;
- offre de bascule ou offre par défaut héritée de la fin des tarifs réglementés, qu’il est souvent utile de comparer aux propositions actuelles du marché.
Pour savoir dans quel cas vous êtes, votre dernière facture ou votre espace client indiquent noir sur blanc si votre prix est fixe ou indexé. Changer de fournisseur reste gratuit, sans coupure et sans intervention technique, avec le même compteur. Comparer les offres, y compris les offres vertes de votre fournisseur, peut à cette occasion révéler un tarif mieux placé.
Un repère indicatif, pas le prix que vous payez
Le prix repère prête souvent à confusion : beaucoup le prennent pour un tarif officiel à régler, alors qu’il n’est qu’une estimation moyenne des coûts d’approvisionnement, de transport, de stockage et de commercialisation supportés par les fournisseurs. Publié chaque mois, il suit les variations du marché de gros du gaz, ce qui explique ses allers-retours d’un mois sur l’autre.
Ce prix repère de vente de gaz naturel a un caractère indicatif et les fournisseurs construisent librement leurs offres en fonction de leurs conditions d’approvisionnement, de leurs choix commerciaux, mais aussi des conditions contractuelles qu’ils proposent.
Commission de régulation de l’énergie, sur sa page consacrée au prix repère du gaz, mise à jour le 9 juillet 2026
Cette nuance a une conséquence très concrète : deux voisins équipés de la même chaudière peuvent payer des montants différents selon leur contrat. Pour comparer sans se tromper, le comparateur public du médiateur national de l’énergie reste l’outil de référence, gratuit et indépendant, à l’écart des sollicitations commerciales.
Le gaz baisse quand l’électricité grimpe
La bonne nouvelle sur le gaz ne concerne pas tout le monde, car l’électricité, elle, augmente au 1er août. Le tarif réglementé de vente, en option base, passe d’environ 0,194 à 0,1955 €/kWh, si bien que les logements tout électriques n’ont pas le même répit à l’approche de la rentrée.
Pour ces ménages, les économies se cherchent ailleurs : la chasse aux appareils énergivores et le recours aux heures creuses pour les gros appareils font une vraie différence. Faire tourner le lave-linge et le lave-vaisselle la nuit, quand le kWh est moins cher, allège la note sans effort particulier et sans changer ses habitudes en profondeur.
Une accalmie à surveiller avant l’hiver
Cette baisse d’août arrive en pleine chaleur estivale, au moment où le chauffage est à l’arrêt et les factures de gaz au plus bas. Son effet réel se mesurera surtout à l’automne, quand les radiateurs redémarreront et que le poids du kWh se fera de nouveau sentir sur les relevés de consommation.
Le prix repère variant chaque mois au gré du marché de gros, rien ne garantit que la tendance se prolonge jusqu’aux premiers froids. Vérifier son contrat, consulter le comparateur du médiateur de l’énergie et, pour les budgets serrés, contrôler son éligibilité au chèque énergie sont autant de réflexes qui pèseront davantage que ces quelques euros mensuels le jour où le thermostat remontera pour de bon.

