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- Une augmentation de 7,4 % qui tombe en plein été
- Pourquoi les prix repartent à la hausse
- Qui est concerné, qui y échappe
- Prix fixe ou indexé, un arbitrage à double tranchant
- Les bons réflexes pour alléger la note
- Un réseau qui coûtera de plus en plus cher à entretenir
- Rester au gaz ou changer d’énergie, la question qui s’installe
Depuis le 1er juillet, se chauffer, cuisiner ou produire son eau chaude au gaz coûte plus cher. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a relevé son prix repère de vente de gaz de 7,4 % TTC, cette référence publiée chaque mois pour aider les consommateurs à comparer les offres depuis la disparition du tarif réglementé, à l’été 2023. Le prix repère n’est pas une offre commerciale en soi, mais une partie des contrats du marché lui est directement indexée.
Le sujet touche du monde : au 31 décembre 2025, la France comptait 10,34 millions de ménages titulaires d’un contrat de gaz naturel, selon la CRE. Entre le budget des vacances et les courses de l’été, cette ligne supplémentaire sur la facture tombe mal. Qui est réellement concerné par cette hausse, et surtout, comment en limiter l’impact sur le budget du foyer ?
Une augmentation de 7,4 % qui tombe en plein été
Dans le détail, le prix repère passe de 152,86 €/MWh TTC en juin à 164,21 €/MWh TTC au 1er juillet. Pour les consommateurs dont l’offre est indexée sur cette référence, la CRE évalue le surcoût à 2,7 € TTC en moyenne sur la facture de juillet. Cette augmentation s’ajoute à la revalorisation du 1er mai, qui avait déjà alourdi la note des ménages.
L’été joue pour l’instant le rôle d’amortisseur, puisque la consommation de gaz y est au plus bas. Le vrai rendez-vous se situe à l’automne : pour un foyer chauffé au gaz, le chauffage représente environ deux tiers de la facture annuelle. Si les prix restent à ce niveau, la même mécanique s’appliquera sur des volumes bien plus importants. Encore faut-il comprendre ce qui pousse les prix vers le haut.
Pourquoi les prix repartent à la hausse
Le premier moteur vient des marchés de gros. Le prix repère de juillet reflète les cotations constatées entre le 1er et le 31 mai, une période marquée par des tensions sur l’approvisionnement mondial. Ce décalage de deux mois explique pourquoi une accalmie récente ne se lit jamais immédiatement sur les factures.
Les coûts liés à l’activité de fourniture progressent eux aussi. Les fournisseurs répercutent notamment le renchérissement des certificats d’économies d’énergie (CEE) et de leurs coûts commerciaux, des composantes moins visibles mais bien réelles du prix final.
La troisième brique concerne l’acheminement. Le tarif d’utilisation des réseaux de distribution est revalorisé chaque 1er juillet, et 2026 marque en plus l’entrée en vigueur de la péréquation gazière, qui harmonise les coûts de réseau entre les territoires. Cette hausse des tarifs de réseaux entraîne mécaniquement celle de la contribution tarifaire d’acheminement. Reste à savoir qui, concrètement, verra sa facture bouger.
Qui est concerné, qui y échappe
Tous les abonnés au gaz ne sont pas logés à la même enseigne, car tout dépend du type de contrat souscrit. Quatre situations se distinguent :
- les clients en offre indexée sur le prix repère, qui subissent la hausse de 7,4 % dans son intégralité dès la facture de juillet ;
- les ménages en offre à prix fixe, environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz, dont le prix du kilowattheure ne bouge pas mais qui se voient appliquer l’évolution de la part acheminement ;
- les titulaires d’offres à prix variable non indexées, dont l’évolution dépend des conditions prévues au contrat ;
- les nouveaux souscripteurs, qui peuvent encore trouver des offres positionnées sous le prix repère en faisant jouer la concurrence.
Personne n’échappe donc complètement au mouvement, la part réseau s’appliquant à tous. La vraie question devient alors le choix entre prix fixe et prix indexé, un arbitrage aux conséquences très concrètes.
Prix fixe ou indexé, un arbitrage à double tranchant
Chaque formule protège d’un risque et en crée un autre, et aucune n’est gagnante dans tous les scénarios. Le tableau ci-dessous résume les atouts et les points de vigilance de chaque type d’offre :
| Type d’offre | Atout pour le consommateur | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Indexée au prix repère | Profite immédiatement des baisses du marché | Subit tout aussi vite les hausses, comme en juillet |
| Prix fixe sur 1 à 3 ans | Budget prévisible, à l’abri des secousses | Prix souvent plus élevé à la souscription, baisses non répercutées |
| Variable hors indexation | Promotions parfois attractives à l’entrée | Révisions encadrées par le seul contrat, lisibilité réduite |
Un contrat à prix fixe signé au bon moment protège efficacement, mais le même contrat signé au plus haut du marché enferme dans un tarif supérieur pendant plusieurs années. La date d’échéance de son offre mérite d’être notée quelque part, car les fournisseurs ne préviennent pas toujours clairement du basculement. Quelques réflexes simples permettent d’y voir plus clair.
Les bons réflexes pour alléger la note
Le point de départ reste la comparaison. Le comparateur du médiateur national de l’énergie, accessible sur energie-info.fr, est gratuit, indépendant et couvre l’ensemble des offres du marché. Il faut regarder le prix du kilowattheure, mais aussi l’abonnement annuel, qui pèse lourd pour les petits consommateurs, sans se laisser éblouir par les libellés séduisants, à l’image des offres d’énergie dites vertes dont le contenu réel varie beaucoup.
La prudence s’impose aussi face aux sollicitations commerciales. Un changement de fournisseur ne se signe jamais sous la pression d’un appel, d’autant que le démarchage téléphonique sera bientôt soumis à un accord préalable dès le 11 août. Comparer à tête reposée, avec sa facture annuelle sous les yeux, reste la méthode la plus fiable.
Les gestes de sobriété complètent l’arsenal. D’après l’Ademe, baisser le chauffage d’un degré permet d’économiser environ 7 % de la consommation correspondante, et l’entretien annuel de la chaudière, obligatoire, améliore son rendement. Les ménages modestes peuvent par ailleurs mobiliser le chèque énergie pour régler une partie de leurs factures. Ces économies immédiates ne doivent pas faire oublier une tendance de fond plus préoccupante.
Un réseau qui coûtera de plus en plus cher à entretenir
Au-delà de la hausse du mois, un rapport publié par la CRE le 1er juillet dessine une perspective moins conjoncturelle. Le régulateur y décrit un effet ciseau : la consommation de gaz va baisser d’ici 2050, mais les infrastructures devront être entretenues pour un nombre d’abonnés de plus en plus réduit. Dans le scénario le plus sombre, le tarif de réseau, qui représente environ un tiers de la facture, grimperait de 3,5 % par an hors inflation.
On a moins de consommation et moins de consommateurs, mais on a quand même besoin de maintenir un réseau et des infrastructures.
Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, lors de la présentation du rapport sur l’avenir des infrastructures gazières, le 1er juillet 2026
Les arbitrages se joueront lors des prochaines discussions tarifaires, ouvertes en 2027 pour une décision attendue début 2028. Anticiper certaines charges reviendrait à payer un peu plus vite maintenant pour payer moins en 2050, un dilemme qui concerne directement les abonnés actuels. Cette trajectoire de long terme éclaire d’un jour nouveau la question du maintien au gaz.
Rester au gaz ou changer d’énergie, la question qui s’installe
Chaque hausse relance l’interrogation sur la sortie du gaz, vers la pompe à chaleur ou le chauffage électrique. La bascule suppose un coût d’entrée élevé, et tous les foyers ne peuvent pas la financer : locataires, habitants de logements sociaux ou copropriétés dépendantes d’une chaudière collective restent largement captifs de leur équipement.
Ce partage des coûts entre ceux qui partent et ceux qui restent s’annonce comme l’un des grands dossiers de consommation des prochaines années. Les factures des mois à venir, et la manière dont le régulateur répartira la charge d’un réseau en décroissance entre les quelque 10 millions de foyers encore raccordés, diront si la transition énergétique se fait avec les derniers abonnés au gaz ou à leurs dépens.

