Le magazine du shopping en ligne

L’annuaire : 66 boutiques passées au crible

Casque de vélo ou de trottinette : comment bien le choisir alors que l’obligation s’étend

Une dizaine de préfets imposent désormais le casque aux usagers de trottinettes, et certaines communes l'exigent même à vélo. Normes, taille, prix, options : ce qui distingue un casque qui protège d'un simple accessoire.

Cycliste attachant son casque gris près de son vélo, un homme casqué en trottinette sur la piste cyclable
Préfets et communes multiplient les arrêtés imposant le casque aux usagers de trottinettes, parfois aussi aux cyclistes.
Voir la table des matières Ne plus voir la table des matières

Arrêtés préfectoraux, règlements municipaux, saisine du Conseil national de la sécurité routière : le port du casque à vélo et à trottinette n’a jamais autant fait parler de lui. Selon Que Choisir, qui a fait le point le 8 octobre 2026, une dizaine de préfets ont rendu le casque obligatoire pour les usagers de trottinettes et autres engins de déplacement personnel motorisés, y compris sur les pistes cyclables.

Un casque de vélo se compose d’une coque extérieure rigide et d’une couche de polystyrène qui absorbe l’énergie du choc. Simple sur le papier, l’objet se décline pourtant de 15 à plus de 150 euros, avec des normes, des tailles et des options qui brouillent les pistes. Alors, comment trouver le bon casque sans se tromper de norme ni payer pour des gadgets ?

Une obligation qui s’étend département par département

Sur le plan national, la règle reste limitée. Le casque n’est obligatoire à vélo que pour les enfants de moins de 12 ans, qu’ils soient conducteurs ou passagers. Pour les trottinettes électriques, monoroues et gyropodes, il ne s’impose qu’hors agglomération, ce qui laisse de côté l’essentiel des trajets du quotidien.

Les préfets des Alpes-Maritimes, du Pas-de-Calais, de l’Indre, de l’Yonne ou encore de Paris ont choisi d’aller plus loin. Leur argument tient dans les chiffres de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière : 79 usagers d’engins motorisés tués en 2025, soit 34 de plus qu’en 2024, et environ 1 200 blessés graves, en hausse de 38 %. Côté vélo, 235 cyclistes ont perdu la vie en France métropolitaine, un chiffre en progression de 26 % par rapport à 2019.

Certaines communes, comme Aurillac ou Rungis, imposent même le casque aux cyclistes. La ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne a saisi le Conseil national de la sécurité routière pour harmoniser ces règles à l’échelle du pays. Quelle que soit l’issue, une chose ne change pas : un casque ne protège que s’il répond aux bonnes normes.

Les normes à repérer avant de passer en caisse

L’étiquette collée à l’intérieur de la coque dit l’essentiel. Avant tout achat, trois mentions permettent de savoir ce que vaut réellement le casque que vous avez entre les mains :

  • la norme EN 1078, marquée CE, qui concerne les casques de vélo, de rollers et de trottinette et garantit un niveau de protection testé en laboratoire ;
  • l’homologation ECE 22.05, exigée en France pour les vélos rapides de type speed bike qui roulent jusqu’à 45 km/h, comme pour un deux-roues motorisé ;
  • la norme NTA 8776, pensée pour ces mêmes speed bikes en Belgique et aux Pays-Bas, mais qui ne suffit pas sur les routes françaises.

Pour un vélo classique, un vélo à assistance électrique bridé à 25 km/h ou une trottinette, la norme EN 1078 reste la référence à exiger. Les propriétaires de speed bike ont un choix beaucoup plus restreint : d’après le guide d’achat de Que Choisir, seuls deux modèles, le Cratoni Vigor et le Kali Java, sont homologués pour cet usage en France. Gare aux engins vendus comme des vélos mais qui dépassent les limites légales, ces vélos électriques débridés relèvent d’une autre catégorie et d’un autre équipement.

La bonne taille, un critère qui se vérifie en magasin

Un casque trop large bascule au premier choc et laisse le front ou les tempes à découvert. La mesure se prend avec un mètre de couturière, du milieu du front jusqu’à la bosse de l’arrière du crâne : chez l’adulte, le tour de tête varie de 55 à 65 cm, contre 50 à 56 cm chez l’enfant. La molette de serrage arrière, la jugulaire et les sangles latérales servent ensuite à affiner le maintien.

Que Choisir recommande sans détour l’essai en boutique plutôt que l’achat en ligne. Le test est simple : une fois sanglé, le casque ne doit pas bouger quand vous secouez la tête, sans pour autant comprimer. Les boucles doivent s’ouvrir facilement, y compris avec des gants, et la molette se manipuler sans retirer le casque.

Un prix élevé ne garantit pas une meilleure protection

Le test publié au printemps 2026 par l’ADAC et Stiftung Warentest sur 18 casques pour enfants, vendus entre 10 et 100 euros, l’illustre crûment. Chaque modèle a subi 18 chocs sous différents angles, et aucun n’a décroché la mention bien ; la note la plus basse est la meilleure, et tout résultat au-delà de 3,6 est jugé insuffisant.

ModèlePrix indicatifNote globale
Lidl Crivit15 €2,6
Lazer Nutz 2.0 KinetiCore50 €2,7
Woom Ready74,90 €2,8
POC Omne MIPS100 €3,0

Le modèle le moins cher du panel arrive en tête, quand le plus coûteux, pourtant équipé du système MIPS, se classe derrière trois casques bien moins chers. Le test pointe surtout une faiblesse commune : la protection des tempes reste le point faible de 12 modèles sur 18, et 10 casques sont jugés peu ou pas visibles dans l’obscurité.

MIPS, éclairage, pliable : les options à peser

Le système MIPS, une fine couche qui glisse lors de l’impact, vise à réduire les forces de rotation subies par le cerveau. Il se trouve surtout sur les casques haut de gamme et a du sens pour un usage sportif ou rapide, à condition que le reste du casque suive. Le test allemand rappelle qu’il ne compense pas une coque mal conçue.

L’éclairage intégré est l’option la plus utile en ville, à l’approche de l’heure d’hiver. Les casques à LED avec feu arrière et clignotants commandés depuis le guidon se trouvent autour de 75 à 80 euros chez les grandes enseignes, et un modèle urbain avec visière dépasse 150 euros. Ce surcoût se justifie surtout pour ceux qui roulent tôt le matin ou à la tombée de la nuit, notamment sur une trottinette électrique de ville.

Les casques pliables ou gonflables séduisent par leur encombrement réduit, mais Que Choisir signale qu’un modèle pliant testé a offert une protection de la tête jugée insatisfaisante. Mieux vaut aussi se méfier des casques de style skate très peu ventilés, pénibles à porter dès les beaux jours. L’aération, elle, se juge au nombre et à la taille des ouïes, un détail qui fait la différence sur les trajets en côte.

Un équipement à renouveler, un débat loin d’être tranché

Un casque ne sert qu’une fois. Même sans fissure visible, le polystyrène écrasé lors d’une chute n’absorbe plus correctement le choc suivant, et le remplacement s’impose après le moindre impact. Choisir un modèle à large plage de réglage, comme les 46 à 57 cm du Woom Ready, permet aussi de le garder plus longtemps sur une tête d’enfant qui grandit.

L’obligation pour tous, elle, divise. L’Alliance pour le vélo, qui réunit notamment la Fédération des usagers de la bicyclette, et l’Association des acteurs du vélo public s’y opposent et misent plutôt sur les infrastructures et la prévention. Le président de France Vélo résume cette crainte, partagée par les opérateurs de vélos en libre-service.

Une obligation généralisée découragerait la pratique quotidienne du vélo.

Patrick Guinard, président de France Vélo, dans une communication adressée aux acteurs de la filière, septembre 2026

Entre sécurité individuelle et essor du vélo au quotidien, l’arbitrage du Conseil national de la sécurité routière pèsera sur des millions de trajets. Une généralisation toucherait directement les flottes en libre-service, à Paris en tête, et déplacerait la question du casque vers celle de son partage. Pour l’usager, l’enjeu se joue dès aujourd’hui dans le choix de l’équipement, comme il se joue dans les critères d’achat d’un vélo électrique.


Vous aimez cet article ? Partagez !


Partagez votre avis