Smartphones Nothing : valent-ils vraiment leur prix face à Apple et Samsung ?

Design transparent, prix contenus, bons résultats en laboratoire : les smartphones Nothing se font une place face aux géants. Reste à savoir si leur rapport qualité-prix résiste à une faille de sécurité bien réelle.

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Un dos transparent qui laisse voir une partie des entrailles du téléphone, des bandes lumineuses qui s’allument à chaque appel : un smartphone Nothing est un téléphone Android qui mise d’abord sur son allure. Lancée en 2020 à Londres par Carl Pei, cofondateur de OnePlus, la marque s’est fait une place sans publicité massive ni footballeur en ambassadeur, en communiquant surtout sur les réseaux sociaux auprès d’un public sensible à l’art et au design.

Face à Apple, Samsung ou Xiaomi, Nothing reste une marque discrète dans les rayons français. Que Choisir, qui a publié le 22 septembre 2026 un bilan des tests menés sur ses modèles, juge pourtant qu’elle mérite l’attention du grand public, avec une réserve sérieuse sur la sécurité. Avant de craquer pour un dos transparent, une question mérite d’être posée : les smartphones Nothing valent-ils vraiment leur prix ?

Qu’est-ce qui distingue un smartphone Nothing des autres Android ?

Un smartphone Nothing se distingue d’abord par son design, avant même ses performances. Depuis le Phone (1) sorti en 2022, la marque habille ses appareils d’un dos le plus souvent transparent et de bandes LED qui signalent appels et notifications, une identité visuelle reconnaissable au premier coup d’œil dans un marché très uniforme.

Ce parti pris ne relève pas du gadget bon marché. Nothing ne s’est jamais présentée comme une marque low cost : son credo consiste à faire aussi bien que les leaders pour moins cher. Sur les Phone (4a) et (4a) Pro, la bande lumineuse a été repensée avec un voyant d’enregistrement, et deux coloris bleu clair et rose sont venus s’ajouter au noir et au blanc habituels. Reste à savoir si ce qui se cache sous la coque suit le même niveau d’exigence.

Les smartphones Nothing sont-ils aussi performants que les grandes marques ?

Oui sur l’essentiel, sans détrôner les modèles les plus chers. Le Nothing Phone (3), vendu 849 €, se classe dans le top 30 des quelque 230 smartphones testés en laboratoire par Que Choisir, derrière des Galaxy S Ultra, des iPhone Pro et le Pixel 10 Pro, pour la plupart lancés au-delà de 1 000 €.

Les autres modèles de la marque se classent eux aussi très bien, selon l’association. Elle met en avant des processeurs performants, une qualité de photo et de vidéo solide et une bonne résistance lors de son test de chutes, un critère souvent négligé à l’achat alors qu’une chute suffit à rendre un écran inutilisable.

Ce bon rapport qualité-prix pèse d’autant plus que la flambée des prix de l’électronique a renchéri de nombreux appareils cette année. Encore faut-il savoir combien coûte réellement chaque modèle de la gamme, car les écarts sont importants d’une série à l’autre.

Combien coûte un smartphone Nothing en France ?

Entre 369 € et 849 € selon le modèle, soit nettement moins que les haut de gamme concurrents. Que Choisir situe les meilleurs Nothing entre 700 € et 800 €, quand Apple et Samsung facturent entre 900 € et 1 400 € leurs modèles équivalents, et les gammes a et a Pro entre 300 € et 500 €.

ModèlePrix de lancement en FrancePlace dans la gamme
Phone (4a)À partir de 369 €Milieu de gamme
Phone (4a) ProÀ partir de 499 €Milieu de gamme supérieur
Phone (3)849 €Modèle phare de la marque

Ces prix d’entrée concernent les versions de base : d’après TechRadar, les tarifs grimpent avec le stockage et la mémoire vive. L’écart avec la concurrence reste toutefois marqué face aux Galaxy S Ultra ou au Xiaomi 17 Ultra, lancés au-dessus de 1 000 €.

Le cœur de la gamme se situe pourtant sous la barre des 500 €, avec les deux modèles sortis au printemps. C’est sur ce créneau que la marque a concentré ses nouveautés de l’année, faute de nouveau modèle phare en 2026.

Ce que le Phone (4a) apporte par rapport au (3a)

Commercialisé en France depuis le 27 mars 2026, le Phone (4a) est le modèle le plus accessible de la gamme actuelle. Face au (3a), il progresse sur plusieurs points qui comptent au quotidien :

  • un téléobjectif périscopique au zoom 3,5x, contre 2x sur le modèle précédent ;
  • un écran de 6,78 pouces en définition 1,5K, avec 440 pixels par pouce et une luminosité maximale de 4 500 nits ;
  • une nouvelle puce Snapdragon 7s Gen 4 ;
  • une batterie portée à 5 080 mAh ;
  • une part plus importante de matériaux recyclés dans sa fabrication.

Tout n’avance pas au même rythme. La charge rapide reste plafonnée à 50 W et les capteurs photo conservent les mêmes définitions que sur le (3a), avec 50 Mpx pour le module principal comme pour le zoom, 8 Mpx pour l’ultra grand-angle et 32 Mpx à l’avant.

Sur le papier, la fiche technique a donc de quoi séduire pour moins de 400 €. Un point, en revanche, ne figure sur aucune fiche et pèse pourtant lourd au moment de confier ses données au téléphone.

La reconnaissance faciale des smartphones Nothing est-elle fiable ?

Non, et c’est le principal reproche adressé à la marque. Lors de ses tests publiés en septembre 2026, Que Choisir a réussi à déverrouiller des modèles Nothing avec une simple photo présentée devant l’objectif, une lacune que l’association relève sur de nombreux smartphones Android depuis des années.

Le risque est bien réel en cas de vol ou de perte : un smartphone donne accès aux mails, aux photos et souvent aux applications bancaires. Que Choisir recommande de sécuriser ces appareils avec un code secret plutôt qu’avec le visage. Un code à six chiffres offre déjà un million de combinaisons possibles, ce qu’aucune photo tirée d’un réseau social ne permet de contourner.

Pourquoi Nothing n’a pas lancé de Phone (4) en 2026 ?

Parce que la marque refuse de renouveler son modèle phare chaque année par principe. Dans une vidéo publiée en janvier 2026, son patron Carl Pei a confirmé que le Phone (3) resterait le haut de gamme de Nothing pendant toute l’année, les efforts portant sur la série (4a).

Nous n’allons pas sortir un téléphone, un téléphone haut de gamme, chaque année juste pour le principe. Nous voulons que chaque évolution soit vraiment significative.

Carl Pei, fondateur et PDG de Nothing, dans une vidéo publiée sur la chaîne YouTube de la marque en janvier 2026

Pour l’acheteur, ce rythme plus lent a un avantage concret : un Phone (3) acheté aujourd’hui n’a pas été remplacé par un successeur au bout de douze mois, et il reste le modèle de référence de la marque jusqu’à la fin de 2026. C’est aussi un argument pour le garder longtemps, d’autant que les nouvelles règles européennes sur la réparation facilitent désormais la remise en état des téléphones.

Un design singulier qui ne doit pas faire oublier l’essentiel

Les smartphones Nothing ont réussi un pari rare : se faire remarquer par leur look tout en tenant la comparaison dans un banc d’essai de 230 modèles. Leur prix, jusqu’à deux fois inférieur à celui des stars du marché, en fait une alternative sérieuse pour qui ne veut pas payer la marque la plus connue.

La faille de la reconnaissance faciale rappelle pourtant qu’un téléphone se juge sur ce qu’il protège autant que sur ce qu’il montre. Entre un Phone (4a) à 369 € et un modèle phare à plus de 1 000 €, l’écart se mesure aussi à l’aune des alternatives, comme un téléphone reconditionné de bonne qualité, et à la durée pendant laquelle l’appareil restera dans la poche de son propriétaire.


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