Prix de l’électronique : faut-il acheter smartphone, PC ou console avant la rentrée ?

La flambée du prix de la mémoire vive, tirée par l'intelligence artificielle, gagne les smartphones, les PC et les consoles. À l'approche de la rentrée, une question se pose pour tout acheteur : faut-il céder maintenant ou patienter ?

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Depuis le début de l’année, un phénomène discret alourdit le budget high-tech des ménages français. Le prix de la mémoire vive s’envole, au point que le secteur parle déjà de « RAMpocalypse ». Cette matière première invisible se cache pourtant dans presque tous les appareils du quotidien : téléphone, tablette, console de jeu, ordinateur portable.

La cause tient en une poignée de lettres : l’IA. Les géants du numérique construisent des centres de données à un rythme effréné et raflent les puces mémoire au détriment du grand public. La note grimpe en conséquence, en ligne comme en magasin, à quelques semaines de la rentrée. Faut-il alors acheter tout de suite, avant une nouvelle flambée, ou patienter en espérant une accalmie ?

Pourquoi la mémoire fait flamber toute l’électronique

Le mécanisme est d’abord industriel. Pour répondre à la demande de l’intelligence artificielle, les trois grands fabricants de mémoire que sont Samsung, SK Hynix et Micron ont réorienté leurs usines vers la mémoire à haute performance, la fameuse HBM, bien plus rentable. Cette réallocation réduit mécaniquement les volumes de DDR5 et de mémoire flash destinés aux ordinateurs et aux téléphones du grand public.

Les chiffres donnent le vertige. D’après Futura, le prix de la DDR5 a bondi de plus de 400 % par rapport à juillet 2025. Le baromètre 3D Center, relayé par Le Comptoir du Hardware, confirme un sursaut net cet été, avec une hausse de 7 % sur le seul mois de juillet. Un kit de 32 Go, vendu autour de 110 € il y a un an, dépasse aujourd’hui 400 €.

Cette pénurie ne se limite pas aux composants vendus séparément. Elle contamine tout objet doté de mémoire, du smartphone d’entrée de gamme à la console de salon. Les modèles d’IA absorbent une part croissante de l’offre de puces haut de gamme, si bien que Meta a même choisi de recycler sa vieille mémoire DDR4. Le consommateur, lui, ne le découvre qu’au moment de payer.

Ce que la hausse a déjà changé sur les étiquettes

Plusieurs fabricants ont déjà répercuté la flambée, parfois sur des appareils lancés depuis des mois. Le tableau ci-dessous rassemble les hausses annoncées ces dernières semaines.

ProduitHausse annoncéeÉchéance
Nintendo Switch 2+30 €1er septembre
PlayStation 5+100 € environcourant 2026
Steam Machine (Valve)plus de 1 000 €à son lancement
Mac et iPad (Apple)tarifs relevésdepuis juin 2026
Kit 32 Go de RAM DDR5de 110 à 450 €sur un an

Selon le cabinet Counterpoint, cette inflation pourrait faire reculer les ventes mondiales de PC de 9 % et celles de téléphones de 5 % cette année. Le portefeuille des ménages se retrouve clairement en première ligne, y compris pour un achat qu’on croyait anodin comme le remplacement d’un vieux portable.

Le smartphone au cœur de la tempête

Le téléphone concentre à lui seul l’essentiel du problème. La mémoire y pesait déjà lourd dans le coût de fabrication, mais la flambée a tout déréglé. Carl Pei, patron de la marque Nothing, a expliqué que la mémoire coûtait désormais plus cher que le processeur ou l’écran, et pouvait peser plus de la moitié de la facture matérielle d’un smartphone.

Les marques les plus exposées sont celles qui vendent à petites marges. Xiaomi, Oppo ou Vivo disposent de peu de latitude pour absorber le choc et devraient répercuter la hausse sur leurs prochains modèles. Certains constructeurs envisagent même de revenir à 4 Go de mémoire sur les téléphones les plus abordables, un retour en arrière de plusieurs années.

Pour l’acheteur, l’entrée de gamme, longtemps refuge des petits budgets, devient un terrain moins sûr. Mieux vaut comparer la quantité de mémoire annoncée, et pas seulement le prix, avant de valider un panier.

Faut-il acheter tout de suite ou patienter ?

La tentation d’attendre une baisse est logique. Elle risque pourtant d’être déçue : aucun analyste n’entrevoit d’amélioration avant la fin 2027, et le président du groupe SK évoque même une pénurie qui durerait jusqu’en 2030. Patienter pourrait donc coûter plus cher que d’acheter aujourd’hui.

Le bon réflexe consiste à cibler un besoin réel plutôt qu’un achat d’anticipation. Si votre appareil vous lâche à l’approche de la rentrée, guetter les promotions reste la meilleure arme. Pour l’achat d’un ordinateur portable, mieux vaut d’ailleurs regarder ce que le passage à l’USB-C change avant de comparer les modèles.

Le meilleur moment pour changer de smartphone, c’était hier

Carl Pei, PDG de Nothing, propos rapportés par Futura, juillet 2026

Des parades pour alléger la facture

Face à cette envolée, plusieurs stratégies permettent de contenir la dépense sans renoncer à s’équiper. Voici les pistes les plus efficaces à ce jour.

  • se tourner vers un smartphone reconditionné, à condition de vérifier l’état de la batterie et la garantie ;
  • pour un achat d’occasion, s’appuyer sur la garantie légale dont vous disposez déjà ;
  • choisir, pour un PC à monter soi-même, une carte mère et un processeur compatibles DDR4, dont les prix ont moins flambé ;
  • prolonger la vie d’un ordinateur ancien en passant à un système léger comme Linux plutôt que de le remplacer ;
  • comparer les prix en ligne sans se précipiter sur le premier modèle affiché à bas coût.

Ces réflexes valent aussi pour les achats de la rentrée, période où les enseignes multiplient les offres. Un peu de patience et de comparaison peut faire économiser plusieurs dizaines d’euros sur un même appareil.

Une pénurie qui va rythmer nos achats

Derrière la hausse des étiquettes se joue une bascule plus profonde. La mémoire, longtemps composant anonyme, est devenue l’un des postes les plus chers de nos appareils. L’essor de l’IA redessine la valeur des objets que nous utilisons chaque jour, du téléphone posé sur la table à la console du salon.

Tant que les centres de données absorberont l’essentiel de la production, le high-tech restera un budget à surveiller de près. Les prochains mois diront si la Chine et les nouvelles usines annoncées suffisent à desserrer l’étau, ou si le consommateur devra durablement composer avec des appareils plus rares et plus chers.


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