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Depuis une vingtaine d’années, Dyson s’est bâti une réputation d’innovateur avec ses aspirateurs balais sans fil, au point que son nom évoque à lui seul la technologie de pointe, le design soigné et, il faut le dire, les tarifs élevés. En 2024, la marque britannique a ouvert un nouveau front : celui des nettoyeurs de sol, ces appareils qui aspirent et lavent les sols durs en un seul passage. En deux ans, trois modèles se sont succédé, chacun porté par des promesses marketing très travaillées.
Le premier, le WashG1, a été lancé à 699 €. Il a été suivi d’un Clean+Wash Hygiene à 499 €, puis d’un PencilWash à 349 € courant 2026. À chaque sortie, le fabricant vante un nettoyage hygiénique, sans trace et sans effort. Devant l’étiquette, un acheteur averti reste pourtant en droit de poser une question simple : ces nettoyeurs de sol Dyson valent-ils leur prix ?
Qu’est-ce qu’un nettoyeur de sol, et pourquoi Dyson s’y est mis ?
Un nettoyeur de sol aspire et lave les sols durs en même temps, là où un aspirateur balai classique se contente d’aspirer. Dyson est arrivé tardivement sur ce créneau, en 2024, alors que Tineco, Dreame, Roborock et Kärcher y étaient déjà installés. La marque pariait sur sa notoriété pour rattraper son retard et s’imposer face à des spécialistes mieux rodés.
Ce pari n’avait rien d’absurde. Les aspirateurs balais de Dyson figurent parmi les mieux placés du test de plus de cent modèles réalisé par Que Choisir, et la marque jouit d’une image solide auprès du grand public. Un nettoyeur de sol répond toutefois à un cahier des charges différent, et la notoriété ne garantit pas la performance sur un produit neuf. C’est précisément ce que les essais devaient trancher.
Trois modèles, des prix qui dégringolent
La gamme a beaucoup bougé en peu de temps, dans un sens qui interroge. D’un modèle à l’autre, l’appareil s’est allégé et son tarif a fortement baissé, sans que le discours commercial ne change d’un iota. Le tableau ci-dessous récapitule le prix de lancement, le poids et l’autonomie de chaque nettoyeur, trois indicateurs qui racontent la même histoire :
| Modèle | Année | Prix de lancement | Poids | Autonomie |
|---|---|---|---|---|
| WashG1 | 2024 | 699 € | 5,8 kg | 35 min |
| Clean+Wash Hygiene | 2025 | 499 € | 4,6 kg | 80 min |
| PencilWash | 2026 | 349 € | 2,4 kg | 115 min |
Divisé par deux en vingt-quatre mois, le prix de lancement est passé de 699 à 349 €, tandis que le poids fondait de 5,8 à 2,4 kg. Le Clean+Wash Hygiene misait au passage sur une gestion des déchets logée dans la tête de nettoyage et quatre modes de puissance. Une correction de tarif aussi rapide ressemble pourtant davantage à un aveu de faiblesse qu’à une vraie montée en gamme. Reste à savoir si les performances suivent le discours.
Les nettoyeurs Dyson tiennent-ils leurs promesses ?
Non. Au fil de ses essais, Que Choisir a relevé des performances décevantes sur les trois modèles : ils ne sont pas les plus efficaces sur les sols durs, se montrent difficiles à assembler comme à remplir, et restent pénibles à prendre en main. Le PencilWash, tout juste sorti du laboratoire, déçoit malgré sa légèreté remarquable de 2,4 kg.
Le nettoyage des brosses et la vidange des réservoirs se révèlent laborieux sur l’ensemble de la gamme. Sur le PencilWash, des boutons et des indicateurs éloignés de la position naturelle de la main, doublés d’une poignée un peu trop lisse, compliquent des gestes qui devraient couler de source. Il faut de surcroît réassembler la brosse et le tube avant chaque utilisation, une contrainte que les concurrents ont su éviter.
Nous n’avons pas trouvé d’argument assez lourd pour conseiller l’achat de l’un de ces nettoyeurs.
Camille Gruhier, Que Choisir Ensemble, 2 septembre 2026
Le verdict est d’autant plus sévère que le tarif, même ramené à 349 €, dépasse encore celui de concurrents mieux notés. Sur ce segment précis, la signature Dyson ne fait pas la différence attendue par les acheteurs.
Ce que les tests reprochent à ces appareils
Dans le détail, les griefs relevés en laboratoire dessinent un tableau cohérent d’un modèle à l’autre. Voici les principaux points faibles communs à la gamme de nettoyeurs Dyson :
- une efficacité en retrait sur les sols durs, qui sont pourtant le cœur de cible de ces appareils ;
- un assemblage et un remplissage jugés peu pratiques au quotidien ;
- une vidange des réservoirs et un nettoyage des brosses laborieux ;
- des commandes mal placées sur le PencilWash, au détriment de la prise en main ;
- une autonomie très inégale, de 35 minutes pour le WashG1 à 115 minutes pour le PencilWash.
Tous ces reproches ne se valent pas. Le PencilWash rattrape une partie de son retard par sa maniabilité, sa tête inclinable qui pivote jusqu’à 170 ° et un niveau sonore correct. Aucun modèle, pourtant, n’a réuni assez d’arguments pour mériter une recommandation d’achat au prix demandé.
Faut-il acheter un nettoyeur de sol Dyson maintenant ?
Pas dans l’immédiat. À 349 € pour le modèle le plus abordable, le PencilWash reste plus cher que des concurrents mieux classés comme Tineco, Dreame ou Roborock, arrivés sur ce marché avant Dyson. Mieux vaut comparer les tests indépendants avant de céder à la seule réputation de la marque.
Un autre réflexe s’impose avant de sortir la carte bleue : vérifier ce que la garantie légale couvre déjà sans supplément, plutôt que d’accepter une extension payante proposée en caisse. Sur un appareil à plusieurs centaines d’euros, cette protection gratuite change nettement le calcul d’un achat raisonné.
Payer la marque ou payer la performance
Le cas des nettoyeurs Dyson illustre une tension bien connue du commerce en ligne : le prix affiché paie autant l’image d’une marque que ses résultats réels. Lorsqu’un fabricant divise son tarif par deux en deux ans, de 699 à 349 €, il reconnaît en creux que la promesse de départ était surévaluée.
Pour l’acheteur, l’enjeu dépasse le seul nettoyeur de sol. La durabilité d’un appareil et sa capacité à être réparé pèsent désormais autant que ses performances initiales, d’autant que les nouvelles règles sur la réparation des appareils sont entrées en vigueur cet été. Face à une gamme qui déçoit, l’argument du nom et du design compte de moins en moins au moment de trancher.

